
- Introduction au soufisme
- Origine
- Les principes du soufisme
- Soufisme et paix
Paix et stabilité dans l'Existence
Paix et être humain
Paix et société - Les pratiques soufies
- Soufisme et Connaissance 1.Principe du Centre Prévalent et Informé
2.Principe d'Equilibre
3.Principe de Coopération et de Collaboration
4.Principe de Globalité
5.Principe d'Harmonie
6.Principe de Guidance
7.Principe d'Amour et d'Attraction
Les principes du soufisme
Les principes du soufisme facilitent le voyage vers la connaissance de soi. Le voyage vers son propre royaume intérieur et dans l’état de son âme est appelé "Seyr-va-Solouk." Le maître spirituel, appelé le Pir, un mot qui signifie "la lumière du chemin", guide le chercheur de vérité dans son voyage vers la connaissance de lui-même. La lumière éclairante du maître illumine le chemin du chercheur et lui permet de surmonter les obstacles sur son parcours. Dans "Le Trésor de la Voie", l’actuel maître soufi de l’École de soufisme M.T.O. Shahmaghsoudi, Hazrat Salaheddin Ali Nader Angha, présente ainsi les huit principes du soufisme1:
| Zekr | se souvenir - se souvenir de Dieu tout le temps |
| Fekr | penser, méditer - être dans un état d’éveil et de contemplation |
| Sahar | s’éveiller - éveiller l’âme et le corps |
| Jui’ | avoir faim - avoir faim extérieurement (mental) et intérieurement (cœur) de connaître la vérité et persévérer dans cette quête |
| Somt | observer le silence - cesser de penser aux choses futiles, cesser d'en parler |
| Saom | jeûner - libération du corps vis-à-vis de la nourriture, du mental vis-à-vis des attaches, et de l’âme vis-à-vis des désirs |
| Khalvat | observer la solitude - prier dans la solitude, extérieurement et intérieurement |
| Khedmat | servir - dissolution dans la Vérité du maître et dans la Vérité de l’existence, Dieu. |
Ces principes permettent le voyage vers la connaissance de soi. Tout d’abord, le chercheur de Vérité apprend à mieux contrôler ses appétits naturels, ses désirs et ses dépendances (physiques, mentales, émotionnelles, etc.). Par suite, le chercheur ressent un soulagement intérieur et un sentiment d’équilibre, de liberté et de paix. Il n’est plus en proie aux attractions externes constantes qui le tiraient dans différentes directions.
Le Pir permet au chercheur de se libérer des couches d’ignorance et des faux enseignements, et le guide à travers les sept étapes du cœur, du stade du véritable désir d’amour et de connaissance au stade le plus élevé, celui de l’unité et de l’annihilation. En observant les principes qui précèdent, le chercheur franchit plusieurs stades de purification où disparaissent les voiles de l’inconnu. Avec foi et connaissance, le chercheur atteste de l’unité de Dieu et de l’Unité de l’Existence.
Les soufis ont décrit les états du cœur par référence aux sept sphères célestes. Le poète soufi Attar, dans un poème riche en allégories intitulé "La conférence des oiseaux2", parle du pèlerinage mystique comme d’une quête qui commence avec l’élimination de tous les désirs terrestres, puis progresse à travers l’amour, la connaissance et une sensation d’étonnement, pour atteindre finalement l’annihilation, qui est l’union avec Dieu.
Cette histoire raconte la quête d’un groupe d’oiseaux désireux de connaître le grand Simorgh, leur roi bien aimé. Avec passion et enthousiasme et guidés par un chef (la huppe), les oiseaux commencent leur voyage vers le pays de Simorgh. Cependant, l’un après l’autre, ils abandonnent, chacun trouvant une excuse ou se révélant incapable de supporter le voyage. Finalement, les oiseaux ne sont plus que trente, c’est-à-dire si morgh (« trente oiseaux » en persan) à franchir les Sept Vallées pour arriver au pays de Simorgh. Ils demandent la permission de voir le Simorgh, mais leur requête n’aboutit pas et les trente oiseaux, c’est-à-dire les si morgh, en proie à l’amour et à l’extase, meurent et disparaissent de leur monde physique pour pénétrer dans le royaume de leur âme. À leur grande surprise, ils se rendent compte qu’en réalité, le grand Simorgh qu’ils cherchaient tant n’est rien d’autre que leur propre identité réelle. En d’autres termes, le Simorgh, c’est-à-dire la vérité, c’est si morgh c’est-à-dire la réalité des trente oiseaux. Ils réalisent qu’il s’agissait pour eux d’un voyage initiatique, à la découverte de leur vérité propre.
Dans cette histoire, la huppe qui guide les oiseaux est l’allégorie du maître soufi qui guide ses disciples vers l’illumination. Les oiseaux doivent traverser sept vallées pour trouver le Simorgh, ces sept vallées représentant les étapes que doit franchir le chercheur de vérité pour connaître Dieu à travers la découverte de son vrai moi.
Dans "La Lumière du Salut", Hazrat Shah Maghsoud Sadegh Angha fait référence aux sept étapes du cœur, dans le poème suivant3:
Au Royaume du cœur, chercheur de Vérité,
Sept étapes, pas moins, tu auras surmonté.
Chercher et rassembler, tout d’abord, pour pouvoir
Non sans difficulté et peine recevoir.
Ensuite vient la foi, étape dont l’essence,
Est l’éternelle connaissance.
Le troisième échelon est celui de l’amour,
Un miroir reflétant sa lumière alentour.
Et l’on devient, un peu plus loin,
de la Vérité le témoin.
Au cinquième palier, celui de l’Unité,
Au soleil l’éclatant se verra disputé.
À la sixième étape, à l’Extase il viendra,
De merveilles, alors, le chercheur s’emplira.
Dans l’Annihilation et dans la pauvreté,
En chacun, le Divin sera manifesté.
Dans la paix éternelle, alors le cœur vivra,
Son chez lui, pour finir, le chercheur trouvera.